Artistes : Laetitia Lopez et Claire Jacquinod

Domaines artistiques : photographie, dessin, écriture

L’EMOTIOGRAPHE

Les femmes dans l’espace public

 

Présentation du projet :

L’inégalité femmes – hommes se vit dans la pratique des espaces publics, qui se font le reflet de notre société. Le projet Emotiographe se propose de porter un regard sensible sur la perception de ces lieux par les femmes lorsqu’il est un allié, un espace de liberté. Il se traduit par une série de 30 portraits, liant photographie et dessin. Les portraits donnent à voir ces lieux, ces instants de sécurité, de bien être, d’expression de soi, en complément des études actuellement centrées sur les problématiques. Ils ont vocation à susciter la capacité et l’envie d’explorer ces instants où nous sommes bien et les sentiments de réappropriation de ces lieux du quotidien. Apparaîtra en filigrane, les sentiments d’inconfort et les stratégies déployées par chacune pour y faire sa place.

Les réponses apporteront un regard, de manière parfois implicite, sur les éléments leur rendant un lieu plus agréable ou plus sécure qu’un autre.

 

Au delà de l’appréhension

Les médias et autres réseaux sociaux s’en emparent, les langues se délient : la Femme et son insécurité est partout. Beaucoup d’images se superposent : chocs, quotidiennes, curieuses, artistiques, engagées ou volées. Un slogan qui claque, un hashtag qui fait bouger, des avis anonymes, des commentaires assumés, des mots qui se crispent, des cœurs et des pouces, des coups de gueules, du jugement, de l’instant, du sensationnel. Ce laboratoire de l’humain porte une indiscutable capacité à fédérer, à partager des idées et de permettre à chacun.e de questionner plus ou moins consciemment ses croyances, ses besoins, ses envies. Passé au-delà du voile numérique, nos habitudes s’imprègnent certainement de ce qu’on aura lu sur l’écran, puis, la vie continue.

Nos premiers échanges avec les femmes de notre entourage sur l’insécurité ont donné une belle surprise, chaque histoire partagée était singulière, mais une conclusion apparut cependant comme récurrente dans les récits : la volonté d’exister.

Ces femmes cherchent à aller au-delà de leurs peurs et insécurité pour continuer de voir ce qui est possible et lumineux. Déployant, consciemment ou non, diverses stratégies pour surmonter leurs appréhensions dans l’espace public, à quoi ressemblent ces femmes lorsqu’elles n’ont pas de crainte ou qu’elles les surmontent ? Que ressentent-elles ? Où sont-elles et qui sont-elles alors ?

Crédit photo : Laetitia Lopez / Dessin Claire Jacquinod. L’Emotiographe: travail en cours de création

Ce pendant positif de la réalité des femmes n’est que peu visible. A travers ce parcours photographique, les femmes de l’Emotiographe deviennent le témoignage d’un mieux vivre possible, déjà existant, vivant, balbutiant, alors essentiel à montrer, à partager et à améliorer.

Un dialogue entre femmes

Comment les femmes se retrouvent-elles dans la diversité des espaces publics aujourd’hui ? Notre objectif est de dresser un portrait transgénérationnel et multiculturel de la femme dans son rapport positif à un lieu public, un espace qu’elle pratique et qui forme l’environnement dans lequel elle évolue parfois quotidiennement, qui offre un possible à ses mouvements, ses émotions et ses rencontres.

Nous interrogerons les femmes sans évoquer directement les notions de « discriminations » ou de peur des « agressions » ou du harcèlement de rue, mais simplement sur leurs habitudes de pratiques des espaces publics, des places, rues … et leur ressenti dans ces différents moments espace-temps.

 

Chaque femme rencontrée pour le projet choisira un lieu dans lequel elle se sent bien, un lieu qu’elle côtoie sans appréhension, et nous irons y faire une photographie. Des ateliers de rencontres sous forme de balades urbaines seront mises en place une fois par mois, moments d’échanges et de partage d’expérience entre les différentes femmes du projet. Ce lieu si cher à l’une rencontrera le ressenti d’une autre.

Crédit photo : Laetitia Lopez / Dessin Claire Jacquinod. L’Emotiographe: travail en cours de création

Une occupation de l’espace public

Les photos seront tirées sur des grands formats et exposées sur une structure qui envahit, occupe et joue avec l’espace public qui l‘accueille. Cette structure se compose de panneaux formant une nouvelle architecture, un parcours, des façades et un intérieur, tout en permettant les cheminements transverses et une perméabilité du regard. Les façades tournées vers l’extérieur accueilleront les portraits, l’intérieur sera animé par des textes écrits, des extraits des entretiens et témoignages des femmes rencontrées et de la matière issue des ateliers. Seront mises à jour ces croyances et phrases que les femmes peuvent se dire à elles-mêmes, souvent inconsciemment, et qui influent sur leur vécu et leur perception du monde et de l’espace.

 

Crédit photo : Laetitia Lopez / Dessin Claire Jacquinod. L’Emotiographe: travail en cours de création

Le film documentaire

En partant à la recherche de nos croyances internes, entre un schéma sociétales qui se heurte à l’individualité et une individualité plurielle et imprévisible. Le film documentaire suivra les étapes de l’Emotiographe pour saisir l’unité dans cette fresque de femmes, de territoire. Chaque petit coin du monde que nous déciderons de questionner saura compléter et faire écho à l’autre.

 

La France et le monde

L’Emotiographe à la vocation de voyager, il questionnera les femmes à travers leurs différentes culture dans de multiples pays. Des séries de photos seront réalisées sur le même principe. Pour chaque pays sa série photos. Choisissant le prisme de la femme et de son rapport à l’espace public lorsqu’il est un allié. Le film documentaire suivra l’intégralité du projet dans la durée.

 

Qui sommes nous ?
Laetitia Lopez

Laetitia Lopez est comédienne de formation et photographe autodidacte depuis 2003. Elle a participé à des oeuvres artistiques en théâtre, photographie et cinéma. En co-créant la société de production audiovisuel Donoma Production en 2009, elle endosse en parallèle du jeu et de la photographie, les casquettes de cinéaste, d’assistante réalisatrice et productrice exécutive jusqu’en 2014. La société produit « Donoma » long métrage présenté au festival de Cannes (l’ACID) en 2011, prix Louis Delluc du meilleurs premier film en 2011, et « Faire l’amour » long métrage présenté à la quinzaine des réalisateurs au festival de Cannes en 2016. La société organise également des événements à travers la france : présentants films, expositions photo et débat/rencontre avec des artistes.

Décidant de collaborer autrement et de changer de cadre de vie, c’est à Nantes depuis fin 2016 que ses prochains projets sont en train de voir le jour.  Elle y questionne essentiellement les problématique lié au genre féminin dans sa globalité.

Claire Jacquinod

Claire Jacquinod est architecte urbaniste et travaille à concevoir et créer des espaces urbains depuis 2007. Paysagiste de coeur, elle aborde les lieux par une reconnaissance sensible : illustrer ses perceptions et celles des divers habitants d’un lieu, et les transformer en une matière pour concevoir et créer de nouveaux espaces. Son approche graphique mêle des illustrations et dessins et de la cartographie sensible et croquis d’ambiance, palette des concepteurs urbains.

Elle est de plus rompue à l’organisation de projets de grande ampleur (projets urbains, de planification urbaine …) et d’événements divers.